CarSureX
Comment ça marcheExemple de rapportTarifsFAQGuidesMes analyses

1.2 PureTech : ce qu'il faut vérifier avant de signer

Le PureTech turbo est un bon moteur avec un défaut de conception documenté par le constructeur lui-même. Sur un exemplaire bien suivi et couvert, le risque est gérable. Sur un exemplaire à l'historique flou, il est majeur — et une annonce ne fait jamais la différence entre les deux.

Moteur
1.2 PureTech
Codes
EB2DT, EB2ADT, EB2ADTS (turbo 110 et 130 ch)
Produit
2014 – 2023
Mis à jour
9 septembre 2026

Véhicules concernés : Peugeot 208, 2008, 308, 3008 · Citroën C3, C4, C5 Aircross · DS 3, DS 4 · Opel Corsa, Crossland, Grandland.

Ce qu'il faut retenir

Chaque affirmation de cette page porte son label, comme dans un rapport CarSurex. Rien n'est adouci, rien n'est deviné.

VÉRIFIÉ

La courroie de distribution baigne dans l'huile

Sur les versions turbo, la courroie tourne immergée dans l'huile moteur. Diluée par le carburant sur les trajets courts, cette huile attaque la courroie, qui se désagrège et colmate la crépine de la pompe à huile. Stellantis couvre ce défaut par une extension de garantie dédiée.

VÉRIFIÉ

La surconsommation d'huile a deux causes distinctes

Selon une note technique Stellantis rapportée par L'Argus en juin 2024 : gommage des segments de piston sur les blocs Euro 6.1 (avril 2014 à juillet 2018), déshuileur défectueux sur les Euro 6.2 et 6.3 (juillet 2018 à février 2023).

ESTIMÉ

Le passage à la chaîne se situe autour de 2022-2023

La fin de la courroie humide au profit d'une chaîne est largement rapportée entre le milieu de 2022 et le début de 2023, de façon échelonnée selon les modèles. Aucune date unique n'est confirmée : c'est la date de production du bloc, pas l'année de la carte grise, qui tranche.

Ce que ce moteur fait bien

Mêmes labels que le reste de la page. Une qualité que nous ne pouvons pas sourcer n'est pas écrite.

Élu moteur de l'année dans sa catégorie

ESTIMÉ

Prix du moteur international de l'année 2015, catégorie 1,0 à 1,4 litre, rapporté par L'Argus le 18 juin 2015 ; troisième récompense consécutive en juin 2017 selon Le Dauphiné. Distinction de jury de presse technique, pas un document constructeur : nous ne la classons donc pas VÉRIFIÉ.

Mi-2015, le 1.2 PureTech turbo remporte le prix du moteur de l'année dans la catégorie 1,0 à 1,4 litre et termine troisième toutes catégories confondues ; en juin 2017, la presse relève une troisième récompense consécutive. Ce que cela établit : le rendement et l'agrément de ce trois-cylindres ont été jugés au niveau des meilleurs de sa cylindrée. Ce que cela n'établit pas : rien sur l'endurance de la courroie humide, qui est un sujet distinct et documenté plus bas.

Un essence, donc sans les postes de dépollution d'un diesel

ESTIMÉ

Fait d'architecture, constant dans les fiches techniques et la presse spécialisée : trois cylindres essence, 1,2 litre, turbo, sans système SCR à l'urée. Aucun document constructeur n'est nécessaire pour l'établir, mais nous ne le classons pas VÉRIFIÉ pour autant.

Sur ce moteur, il n'y a ni réservoir d'AdBlue, ni système SCR à remplir ou à réparer, contrairement aux diesels traités sur ce site. Un usage citadin ne pose donc pas ici le problème du filtre à particules diesel qui n'achève pas ses régénérations. Attention à ne pas en tirer l'inverse : sur le PureTech, ce sont justement les trajets courts qui diluent l'huile et fragilisent la courroie.

La génération 3 est un moteur largement refait

VÉRIFIÉ

Déclaration du directeur du développement des moteurs thermiques du centre technique France de Stellantis, rapportée par L'Argus le 28 septembre 2024 : 70 % des pièces de la troisième génération sont nouvelles.

À partir de 2023, le 1.2 PureTech passe en génération 3 : distribution par chaîne, fonctionnement en cycle Miller, turbocompresseur à géométrie variable. Le constructeur annonce 70 % de pièces nouvelles. Pour un acheteur, la conséquence est simple : ce n'est plus le même moteur que celui des générations 1 et 2, et c'est la date de production du bloc qui tranche, pas l'année de la carte grise.

Une couverture constructeur qui existe encore, ce qui est rare

VÉRIFIÉ

Page officielle Stellantis : extension de garantie 10 ans ou 180 000 km et plateforme de compensation rétroactive.

Sur la plupart des moteurs d'occasion, un défaut connu est un risque à assumer seul. Ici, un dispositif constructeur existe, se vérifie gratuitement sur le VIN avant l'achat et peut couvrir 100 % des pièces et de la main-d'œuvre sous conditions. Un exemplaire éligible, entretenu dans le réseau et à jour de son plan d'entretien n'est pas le même dossier qu'un exemplaire hors conditions.

Produit en très grande série, donc entretenu partout

ESTIMÉ

Le Dauphiné, 25 juin 2017 : plus de 850 000 PureTech turbo produits depuis 2014 à Douvrin et à Xiang Yang, production lancée à Trémery fin 2017, plus de 90 applications véhicules et une production annuelle annoncée au-delà d'un million d'exemplaires à l'horizon 2019. Chiffres de presse, non recoupés sur un document constructeur.

Ce moteur équipe une large partie de la gamme Peugeot, Citroën, DS et Opel : plus de 850 000 exemplaires turbo produits dès 2017, et plus de 90 applications véhicules. Conséquence concrète pour un acheteur : les pièces sont disponibles, les ateliers connaissent le moteur, et un devis se compare facilement d'un garage à l'autre.

Bon achat si…

  • Le bloc est de génération 3, à chaîne, produit après 2023 : la date de production du bloc le confirme, pas l'année de la carte grise
  • Sur un bloc à courroie humide : le VIN est éligible à l'extension de garantie, le plan d'entretien constructeur a été suivi dans le réseau agréé, et les factures le prouvent
  • La courroie de distribution a déjà été remplacée, avec une facture datée et le kilométrage
  • Vous roulez surtout sur route, et vous cherchez un essence sobre sans les contraintes de dépollution d'un diesel

À éviter si…

  • Bloc de génération 1 ou 2 sans aucune facture de courroie ni d'entretien réseau
  • Usage déclaré exclusivement urbain, sur trajets courts : c'est la condition qui dilue l'huile et attaque la courroie
  • Des appoints d'huile réguliers entre deux vidanges, sans test de consommation ni intervention documentée
  • Un vendeur incapable de donner le code moteur et la date de production du bloc, ou qui refuse de faire vérifier l'éligibilité du VIN

Les points de défaillance documentés

Ce qui casse, pourquoi, ce que vous pouvez entendre à l'essai, et ce que le dossier doit prouver.

1

Courroie de distribution humide et crépine de pompe à huile

VÉRIFIÉ

Établi par le constructeur lui-même Défaut nommé par Stellantis dans les conditions de sa propre plateforme d'indemnisation (« dégradation prématurée de la courroie de distribution »).

La courroie de distribution tourne dans l'huile moteur. Sur les trajets courts, en particulier l'hiver, du carburant imbrûlé dilue cette huile, qui devient chimiquement agressive : la courroie gonfle, se fissure et se désagrège. Les débris de caoutchouc colmatent la crépine de la pompe à huile — la pression d'huile chute — et peuvent aussi obstruer la pompe à vide, ce qui durcit la pédale de frein. En cascade : canaux de lubrification encrassés, arbre à cames et turbo usés prématurément, jusqu'à la casse moteur si la chute de pression n'est pas traitée.

Ce que vous pouvez remarquer

  • Claquement métallique au démarrage à froid, souvent décrit comme un bruit de cigale, qui s'estompe après quelques secondes
  • Voyant de pression d'huile, surtout à chaud ou au ralenti
  • Pédale de frein qui durcit brutalement : à traiter immédiatement, moteur arrêté
  • Huile qui sent le carburant ou paraît anormalement fluide à la jauge
  • Perte de puissance inexpliquée

Ce que le dossier doit prouver

  • Le code moteur exact et la date de production du bloc, pas seulement l'année de mise en circulation
  • Toute facture de remplacement de courroie de distribution, de pompe à huile ou de crépine
  • Des vidanges régulières, avec la référence d'huile préconisée par le constructeur
  • L'éligibilité du VIN à l'extension de garantie, et si elle a déjà été activée
2

Surconsommation d'huile

VÉRIFIÉ

Établi par le constructeur lui-même Note technique Stellantis du 29 mai 2024, rapportée par L'Argus le 23 juin 2024 ; procédure de mesure et seuil repris du réseau.

Deux causes selon la génération du bloc. Sur les Euro 6.1 produits d'avril 2014 à juillet 2018, des dépôts de carburant imbrûlé bloquent partiellement les segments de piston, qui n'assurent plus l'étanchéité : l'huile passe à la combustion. Sur les Euro 6.2 et 6.3 produits de juillet 2018 à février 2023, la cause identifiée est un déshuileur défectueux. Le réseau mesure la consommation sur un roulage d'environ 1 000 km et retient le seuil de 0,30 litre pour 1 000 km comme non conforme.

Ce que vous pouvez remarquer

  • Appoint d'huile nécessaire entre deux vidanges
  • Fumée bleue à l'échappement, à l'accélération ou au démarrage à froid
  • Odeur d'huile brûlée, voyant de niveau d'huile

Ce que le dossier doit prouver

  • Les appoints d'huile mentionnés sur les factures entre deux vidanges : c'est le signe que le précédent propriétaire connaissait le problème
  • Un test de consommation des 1 000 km réalisé par le réseau, et son résultat
  • Un remplacement de déshuileur, de pistons ou de bas moteur : demandez la facture détaillée
3

Turbo et injecteurs

ESTIMÉ

Constant d'une source à l'autre, sans source primaire Retours d'ateliers et sites spécialisés, présentés comme une conséquence de la lubrification dégradée. Aucune note technique constructeur identifiée sur ce point.

Une huile diluée par le carburant, ou une pression d'huile insuffisante après colmatage de la crépine, accélère l'usure du turbocompresseur. Côté injection, l'usage urbain intensif et l'encrassement sont cités comme facteurs aggravants. Ces points sont plausibles et cohérents avec les deux défauts ci-dessus, mais ils ne sont pas établis comme des défauts intrinsèques.

Ce que vous pouvez remarquer

  • Sifflement inhabituel et perte de puissance progressive à l'accélération
  • Ralenti irrégulier, à-coups, hausse de consommation de carburant

Ce que le dossier doit prouver

  • Toute intervention sur le turbo ou les injecteurs, et à quel kilométrage
  • Un essai routier attentif : ces symptômes s'entendent, ils ne se lisent pas dans une annonce

Extension de garantie Stellantis

Le constructeur a mis en place, depuis mars 2024, une extension de garantie pour les générations précédentes des moteurs PureTech 1.0 et 1.2. Elle change complètement le risque que représente un exemplaire donné : c'est la première chose à vérifier, avant même l'essai.

  • 10 ans ou 180 000 km, 100 % des pièces et de la main-d'œuvre, sous conditions — dont le respect du plan d'entretien constructeur dans le réseau agréé
  • Une plateforme de réclamation permet de demander une compensation pour des frais déjà payés entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2024, au titre d'une surconsommation d'huile ou d'une dégradation prématurée de la courroie
  • L'éligibilité se vérifie sur le numéro de châssis (VIN) auprès d'un point du réseau Peugeot, Citroën, DS ou Opel — gratuitement, avant l'achat
  • Attention : plusieurs sites relaient 175 000 km. Le chiffre porté par la page officielle du constructeur est 180 000 km

Les questions à poser au vendeur

Posées telles quelles, elles mettent le vendeur sur le compte-rendu. Une réponse évasive est une information.

  1. 1Quel est le code moteur exact, et quelle est la date de production du bloc ?
  2. 2Le véhicule est-il éligible à l'extension de garantie PureTech, et a-t-elle déjà été activée sur ce VIN ?
  3. 3L'entretien a-t-il été fait dans le réseau agréé, aux intervalles constructeur, avec l'huile préconisée ? Puis-je voir les factures ?
  4. 4La courroie de distribution a-t-elle déjà été remplacée ? À quel kilométrage, et par qui ?
  5. 5Avez-vous fait des appoints d'huile entre deux vidanges ? Un test de consommation a-t-il été réalisé ?
  6. 6Le véhicule fait-il surtout des trajets courts en ville ?

Cette voiture précise

Cette page parle du moteur. CarSurex parle de l’annonce que vous avez sous les yeux.

Collez le texte de l’annonce : CarSurex la confronte aux défauts connus de ce moteur, au kilométrage, à l’entretien annoncé et au prix demandé, puis rend un verdict — ACHETER, NÉGOCIER ou ÉVITER — avec un prix cible. C’est gratuit et sans compte.

Autres moteurs

Sources

  • Stellantis — plateforme de réclamation PureTech Page officielle du constructeur : extension de garantie 10 ans / 180 000 km et compensation rétroactive.
  • L'Argus, 23 juin 2024 « Fiabilité Stellantis 1.2 PureTech : de nouvelles solutions contre la consommation d'huile » — cite la note technique interne du 29 mai 2024.
  • L'Argus, 18 juin 2015 « Le PSA 1.2 PureTech élu moteur de l'année 2015 » — prix du moteur international de l'année dans la catégorie 1,0 à 1,4 litre, troisième place toutes catégories.
  • L'Argus, 28 septembre 2024 « Nouveau 1.2 PureTech. En quoi le moteur des Citroën, DS, Peugeot et Opel est-il différent ? » — génération 3 à chaîne, cycle Miller, turbo à géométrie variable, et les 70 % de pièces nouvelles annoncés par Stellantis.
  • Le Dauphiné, 25 juin 2017 Volumes de production du 1.2 PureTech turbo (plus de 850 000 exemplaires depuis 2014) et sites de fabrication. Chiffre de presse, cité comme ordre de grandeur.
  • Sites spécialisés et retours d'ateliers Mécanisme de la courroie humide et symptômes associés. Recoupés entre eux, mais sans source primaire : ce qui en vient est marqué ESTIMÉ sur cette page.

CarSurex est indépendant des constructeurs et ne vend ni voitures, ni garantie, ni assurance, ni crédit. Les noms de marques, de modèles et de moteurs ne sont cités qu’à titre d’identification. Cette page est une aide à la décision, pas une expertise mécanique : elle ne dit rien de l’état d’un véhicule particulier. Pour un véhicule à risque ou de valeur élevée, faites réaliser une inspection mécanique professionnelle avant de signer.